Ateliers pour jeunes en Afrique : impression 3D

Ateliers pour jeunes en Afrique : impression 3D

C’est après 5 mois passés au FabShop la tête dans la machine à expérimenter, créer et surtout apprendre de l’impression 3D, que je me suis lancé à mon tour dans la formation d’une quinzaine de jeunes durant mon séjour de 2 mois au Togo. Cette première expérience en Afrique en tant que formateur dans un Lab à Lomé a été très entraînante tant par l’ambiance et la motivation que dégageaient les jeunes adolescents (de 12 à 16 ans), que par l’enjeu d’une démocratisation des outils numériques en Afrique.

Un des enjeux les plus important pour la démocratisation de l’impression 3D est bien sûr le maniement des logiciels 3D. Former très tôt les jeunes volontaires à ces outils et primordial. D’une part pour leur permettre de développer par la suite des projets et d’autres compétences (adaptés ici au contexte africain) dans le domaine de la fabrication numérique et d’autre part pour permettre à leur tour de partager leur expérience dans des lieux comme les Fablabs. Les objectifs à court terme étaient de leur apprendre le maniement de logiciels de modélisation 3D ainsi que la prise en compte des contraintes en terme de design lié à la technique d’impression 3D en dépôt de fil que possédait le Lab. Au delà de ces objectifs, l’enjeu était pour moi d’insuffler une démarche de designer et de maker chez ces adolescents, de leur faire prendre conscience du pouvoir de création qu’ils possèdent que ce soit avec ou sans l’impression 3D. L’idée donc d’expérimenter cette démarche dans le cadre d’ateliers et de cours dans un pays où l’upcycling ne se présente pas dans des Powerpoint mais se vit au jour le jour m’enchantait. Je me suis donc proposé avec enthousiasme à former ces jeunes volontaires pour qui l’ordinateur reste un outil peu utilisé et assez rare dans les foyers.

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Après de nombreuses séances sur Sketchup et une introduction à Rhinoceros (une introduction à un logiciel libre aurait été plus souhaitable si j’en avais eu les compétences), nous avons entamé la partie design du processus. La consigne donnée était de ramener un quelconque objet cassé, en fin de vie ou inutilisé de leur quotidien pour, soit le réparer, soit l’augmenter, ou soit le détourner en lui offrant une nouvelle fonction. Il est évident que beaucoup ont eu du mal à se projeter dans ce qui pourrait être réalisable dans tel ou tel objet. Il m’a fallu donc montrer de nombreux exemples et références tout au long de la démarche ; ce qui a vraiment permis de donner l’étincelle à de nombreuses propositions. Nous travaillions collectivement, en réfléchissant ensemble à ce que pourrait devenir ces boites de conserves, clé USB, bocaux en verre, jouets, pelle à poussière cassée et en décortiquant un à un les caractéristiques de chaque objet (brillant, transparent, étanche, solide, résonant, plat etc).

Une fois la machine en route les propositions ont foisonné : aquarium, vase, instrument de musique, téléphone, tirelire, éventail, arrosoir, tasse, salière …
Malheureusement le projet n’a pu aboutir suite à des problèmes internes importants au sein du Lab et un désintéressement du travail des bénévoles. Je ne peux donc vous montrer l’aboutissement des projets (seulement quelques dessins témoins) à la grande tristesse des jeunes participants.
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Néanmoins j’ai pu constater que l’enthousiasme et la soif de connaissance n’est pas une denrée rare chez ces jeunes togolais (venus volontairement) et beaucoup se révèlent être des petits makers dans l’âme. Ayant déjà fait quelques ateliers en France à des enfants du même âge, je dois dire que leur motivation (et leur endurance à 6h de modélisation par jour) était assez impressionnante. Bien sûr le fait que ces ateliers proposait un outil plutôt rare comme l’ordinateur et que tous y étaient intéressés puisque volontaire, favorisait d’autant plus cet enthousiasme. Après quelques séances sur Sketchup, le logiciel ne subvenait plus aux besoins et demandes de certains qui ont voulu se lancer assez vite sur des logiciels professionnels comme Rhinoceros. Malheureusement, bien que ces enfants et adolescent débordent d’énergie, l’accès au matériel informatique et à internet reste encore un frein à l’apprentissage, du moins au Togo. J’en profite, face à cette problématique, pour glisser le très intéressant projet Jerry DIT très actif en Afrique qui réutilise les composants informatiques pour recréer des ordinateurs dans des bidons.

J’ai par la suite poursuivi d’autres ateliers pour enfants orientés cette fois-ci vers l’électronique.