5 mois au FabShop

5 mois au FabShop

En juin dernier s’est achevé 5 mois de formation à l’impression 3D avec l’équipe du FabShop. Assez de temps pour expérimenter beaucoup de choses (bien que jamais assez), connaître les machines et leur contraintes sur le bout des doigts ainsi que participer à une ribambelle de projets et d’événements tout au long de cette première partie de l’année (et beaucoup de déménagements, on voyage pas mal au FabShop).

J’en profite donc pour partager quelques projets ici et ici.

Ces quelques mois ont aussi été marqués par notre présence au Pavillon de l’Arsenal ainsi qu’au BHV Paris. Nous avons donc échangé durant 3 mois avec le grand public tantôt connaisseur, tantôt étonné ou encore septique. Ce fut aussi l’occasion de se confronter aux remarques et espérances de chacun parfois déroutantes, intéressantes, redondantes ou même souvent drôles (peut être publierons nous un jour le best-of de ces remarques). Bien que l’impression 3D fascine de 7 à 77 ans et produise un engouement assez fort depuis quelques temps, son potentiel reste encore méconnu. Le même trio d’interrogations est souvent posé : la concurrence déloyale à l’industrie, l’impression des armes et la pollution du plastique (précédés 1 fois sur deux d’un « j’ai vu à la télé que »…). Ces questions se posent évidemment, j’aime à discuter de la fin de l’industrie (ou plutôt de la place du designer ou des modèles économiques industrielles) avec le grand public, mais elles prennent trop souvent le pas sur d’autres opportunités, tant dans la technique que dans son côté communautaire et d’échange (rarement discuté dans les médias classiques). Au final cela nous a parfois valu de ne pas être pris au sérieux (« bon et vous faites quoi à part vous amuser ? »). Néanmoins l’enthousiasme de ce process assez enchantant à voir était omniprésent, et nos évènements ont été bien accueillis de tous. Les ateliers que nous dispensions en même temps au public pour maîtriser quelques outils de modélisation 3D et d’expérimentation créative autour de la machine ont eux aussi trouvé preneur. Par ailleurs une net affluence pour les ateliers de scan 3D a été constaté, rejoignant beaucoup l’idée faite de l’impression 3D comme un outil de photocopiage plutôt que de création (« où est ce que je met ma pièce que je veux scanner ? » ou « bon c’est bien beau de reproduire des objets mais ça nous mène où ? »). Dans tous les cas, l’apprentissage de logiciels de modélisation 3D (de plus en plus facile d’usage) et la diffusion d’une culture créatrice plutôt que consommatrice doit être un des enjeux de la démocratisation de cette technique au delà des sphères geeks et technophiles. Une fois expérimentée, je me suis surpris moi même a envisager différemment les objets qui m’entourent, comme l’apprentissage de la programmation a pu me faire percevoir le numérique comme une ardoise vierge où tout est possible.

Dans l’optique de partager mon savoir et le potentiel de cette technique, j’ai souhaité poursuivre mon travail sur l’impression 3D dans un FabLab au Togo. Mon rôle a été d’apprendre à un groupe de jeunes adolescents le maniement des logiciels 3D, mais aussi et surtout le réflexe d’interroger chacun des objets qui les entourent pour les penser autrement, les réparer, leur donner une seconde vie (article à venir). L’expérience a été des plus intéressante dans le contexte africain où rien ne se perd, tout se transforme.

Pour finir je vous invite à jeter un coup d’oeil (et télécharger) quelques projets du FabShop sur la plateforme de partage Thingiverse.

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Un grand merci à l’équipe du FabShop.
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